JOUR 17 - Aider

 “Aujourd’hui, je fais le ramadan avec vous!”

Les parents et le grand-frère de Inaya voient débarquer, surpris,  la petite fille de 11 ans dans la cuisine quelques minutes avant le lever du coucher du soleil.

  • Moi aussi je veux faire le jeûne du mois de Ramadan. 
  • Biensûre que tu peux. Mais tu sais que tu prends un engagement avec Dieu. Tu dois avoir l’intention de faire le mieux possible. Allez viens vite manger et boire quelque chose, c’est bientôt le lever du soleil…

Inaya se jette sur une grosse part de gâteau au chocolat  et se sert un grand verre de jus d’orange. Elle est heureuse et honorée de partager ce moment avec sa famille. 

Elle se réveille vers 10 heures du matin, après s’être recouchée quelques heures. Elle entend sa maman se préparer. 

“ Malik je t’attends!

  • Je suis prêt, j’arrive!

Inaya comprend qu’une sortie se prépare. Elle se dépêche d’enfiler un pantalon et un tee-shirt avant de dévaler l’escalier. 

  • Moi aussi je viens avec vous. 

C’est une fois dans la voiture, ceinture bouclée, qu’elle demande le but de la sortie. 

  • Nous allons d’abord à l’hôpital, puis à l’association. L’informe sa maman. Mais cette fois-ci, nous n’y allons pas pour mon travail. 

Inaya n’y est jamais allée. C’est la première fois. Et pourtant, sa maman y travaille, puisqu’elle est pédiatre.  Elle a hâte de découvrir cet endroit où sa maman passe autant d’heures de jour comme de nuit. 

Ils sortent de la voiture avec pleins de paquets que sa maman a sorti du coffre. Malik et elle ont les bras chargés de sac. Ils arrivent dans une grande salle où se trouvent plein d’enfants. Mais cette salle n’a rien à voir avec la cour de récréation  ou la salle de jeux de l’école… En dehors du fait que cette salle de jeux est dans un hôpital, les enfants aussi sont différents. Inaya ressent de la gêne et de la tristesse. Les enfants, dont la plupart ont à  peu près son âge et celui de ses copains, sont sur des fauteuils roulants, ont des tuyaux partout, certains même ont des bandages ou la tête rasée… Ils sont clairement malades. 

Même si Inaya sait ce qu’est un hôpital et que sa maman soigne des enfants, c’est très différent de le voir en vrai. D’ailleurs  sa maman voit le malaise de sa fille: 

  • Tout va bien ma chérie. Ce sont des enfants comme toi, mais qui n’ont pas eu autant de chance que toi. Certains sont malades depuis la naissance. D’autres sont tombés malades pendant leur enfance. Vas vers eux, comme avec tes amis à l’école. 

Ce que fait Inaya. Après quelques minutes d’hésitation et de malaise, Inaya passe un super moment avec eux. Et eux avec elle. Ils distribuent les paquets qu’ils ont apportés ainsi que les autres personnes venues avec encore plus de cadeaux. 

Après ça, ils se rendent à l’association où ils rencontrent non pas des enfants, mais des familles de nécessiteux. Une fois encore, sa mère sort une quantité de sacs du coffre qu’ils leurs apportent. Ils y passent le reste de l’après-midi avant de rentrer chez eux pour y préparer le repas de rupture du jeûne, le Ftour. 

Pendant le repas, ils racontent leur journée à leur papa qui était absent.

  • Je suis très fier de vous les enfants. Il est important de ne pas oublier les pauvres et les malades. Le jeûne contribue à  ça entre autres. Il est encore plus important de se rappeler d’aider les pauvres, les malades le reste de l’année. 
  • Mais c’est vrai, ajoute Inaya, que le fait d’avoir eu faim m’a fait réaliser qu’il y a des gens pour qui ça ne s’arrête jamais le jeûne du ramadan. Ils ne peuvent pas faire de ftour.
  • Exactement ma chérie. Grâce à cette journée de jeûne et de ta sortie d’aujourd’hui, tu penseras toujours à l’importance de regarder autour de toi si quelqu’un a besoin d’être aidé. » 

D’après Ali (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Il n’y a pas un musulman qui rend visite le matin à un autre musulman malade, sans que soixante-dix mille anges ne prient pour lui (*) jusqu’au soir. Et s’il lui rend visite le soir, soixante-dix mille anges prient pour lui jusqu’au matin et il aura une cueillette de fruits au paradis ».

“Le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Ils (les pauvres) vont certes rentrer dans le paradis quarante ans avant les riches. Ô ‘Aicha ! Ne repousse pas le pauvre ne serait-ce qu’en lui donnant la moitié d’une datte. Ô ‘Aicha ! Tu dois aimer les pauvres et les rapprocher (2) car ainsi Allah te rapprochera le jour de la résurrection”